Lettre d’une fille d’Algériens.


#.

Je n’ai pas connu tes crimes, si ce n’est de la bouche de mes aînés.

Tu semblais t’être imposé alors qu’on ne t’aurait pas refusé l’hospitalité.

Des femmes, des hommes, des enfants ont disparus.
De leurs derniers souffles, certains connaissent l’histoire tandis que d’autres semblent être pleurés dans ton silence. Lire la suite

« Oublie-moi… Refais ta vie. Je suis déshonorée. »


#.

Quand on veut répandre l’opprobre sur un homme, son combat et ce qu’il a de plus cher, on viole sa femme ou une femme de son peuple. Qu’elle collabore ou pas et avec une cruauté sans pareille, on s’impose dans son intimité, on marque sa chair, on lui fait vivre des instants après lesquels elle se déclarera morte avant l’heure. On met fin à toute vie conjugale, on coupe le résistant de tout ce qu’il y a de plus naturel, on le force à s’engouffrer dans la haine toujours plus forte de l’ennemi.

Et cet ennemi-là ne veut pas gagner, il veut ne laisser derrière lui que des traumas. Des hommes, des femmes, des enfants qui ne l’oublieront pas. Il attaque au cœur même des affects et détruit, provoque, écrase. Partout où il s’impose, il utilise les mêmes techniques fourbes et lâches. Ces techniques ne sont pas révolues ou propres à l’Algérie coloniale mais bien toujours d’application.

Ces femmes déshonorées dans ce qu’elles ont de plus précieux désirent parfois la mort ou perdent leur connexion avec la raison. Ces réactions peuvent se comprendre : Ce n’est pas un mais souvent plusieurs soldats qui ont pénétré son intimité, ont déchiré ses espoirs, ont fait d’elle la messagère brisée de ce qu’ils considèrent comme opposants. Lire la suite