Si l’on m’enterre demain…


Si je meurs aujourd’hui, je serais enterrée avec bien des secrets.

Un peu des miens,bien sûr. Mais, surtout, beaucoup des autres. Ces confidences qu’on n’assume plus du jour au lendemain ou d’autres qu’on partage en toute bonne amitié. Enfin, jusqu’à ce que le voile se lève et que l’intimité se voit factice. Là alors, je m’enterre seule, bien que vivante, par loyauté. Car voyez-vous sans loyauté, point de dignité. Que valent les relations qui nous font fuir la solitude si l’on est pas dévoué sincèrement à l’autre ? Tout ça ne se passe que dans mon cœur, antichambre de tous les idéaux, souvent dans ma tête et en privilège à certaines âmes rares. Pour le reste, ce n’est qu’un étouffement de plus, une sorte de rappel à l’ordre.

Non, bien sûr, je ne dévoilerais rien, je ne me supporterais plus ensuite. Même si, sur le moment, la tentation est grande. Avoir le pouvoir d’anéantir la comédie tragique soigneusement composée par l’autre est séduisant. On s’en délecte, on en rêve. C’est un peu le privilège des scénaristes. On est seul à connaître la fin. À observer le visage des trompés se décomposer. Haha, tu le croyais authentique ! Sincère ! Entier ! Bien trop décomposé, en putréfaction de tout, pour remplir tes critères, ce n’est qu’un brisé de plus.

Il maquille ses balafres, se fait une beauté sociale. S’accorde des privilèges cachés sous de bons augures. Pitoyable, oui, c’est bien trop pitoyable pour tenir. Alors, tout s’effondre. On se blesse un peu plus et la réalité reprend son règne.

Voilà, là, tout doux. Rappelle-toi de la finitude, celle que tu fuis envers et contre toi. Tu peux te défiler, t’accorder un repos volé, elle te rattrapera. C’est ce pour quoi elle est.

Cesse de lutter, réfugie-toi en son giron.

Après le vent glacial, on se crée une chaleur lucide. On range les beaux dessins qui font mal, à l’intérieur. On les ajuste de pastels, leur enlève quelques couleurs trop vives. Enfin, ils correspondent ! Enfin, ils ne tapent plus, au-dedans dès qu’ils croisent le dehors.

Cette vie n’est pas un éternel recommencement.
Cette vie est un éternel ajustement.

Alors, ajustez-vous, mes braves ! Ne cessez jamais de vous rapprocher un peu plus du chemin divin tracé. Ne luttez pas, embrassez chaque opportunité.

Nivelez vos internalités, faites leur épouser ce qui leur fait peau.
Et, toujours, respirez de résilience.

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