Animus. 


#.

Il est très étrange d’observer des Hommes et d’y voir des animaux. Constater qu’ils s’animent en chœur, épousant leurs contours tribaux. Répétant des refrains repris à chaque prétexte de festivité. Les échos musicaux accompagnent les pieds qui tapent sur le sol. À les regarder, on frôlerait presque l’alchimie. On se tromperait même à croire que rien ne les sépare lorsqu’ils quittent cette scène sociale. Qu’ils ne sont qu’amour et bienveillance les uns envers les autres. Ils invitent même ceux qui ont préféré ne pas se trouver auprès deux. Voyez l’inclusion factice !

Puis, ces mêmes étrangetés se quittent, regagnent leur hutte respective bien que limitrophes. Soudain, leur lueur d’union n’en est plus. Il n’y a que faux sourires, sourires qui sauvent du réel. Même ceux qui se haïssent dans le privé, s’aiment d’amour chevaleresque en public !

sheldon

C’est à y perdre la raison. Pour mieux s’engouffrer dans l’ennui. Ce jaillissement fourbe qui prend à la gorge. On aurait aimé qu’il manque à la fête, que ce soir, il nous laisse tranquille. Plutôt, une expectation froissée de plus.

Être étranger parmi eux ne laisse aucun répit. Pas plus de sérénité que celle dont on s’est sans arrêt éloigné pour les rejoindre. Les contraintes sociales éteignent la volonté propre. Elles lacèrent avidement toute étincelle d’altérite. Si une autre jaillit, naïve de ses premiers éclats, elles l’étoufferont à son tour. On ne peut exister que par le nous, celui qui écrase l’être et bâillonne les sens, trop peu celui qui élève.

Bien sûr, tout ceci se confinera dans l’intime. Amoncellement de faits et de pensées. Et si un impétueux se risque à leur partage, on le renverra à ses élucubrations de dérangé ! Sauf que l’activité du mental ne rend pas le réel moins vrai.

Une fois parmi la foule, on ne sait que faire de son corps. Ce corps qu’on a préparé poliment en lui évitant le travestisme culturel qu’on a en abjection. Les uns lui reprocheront son manque de lâcher prise de dévoilements, les autres omettront de relever la faute.

Nos lèvres balbutient des mots acceptables, vibrent d’inconfort lorsqu’elles répondent parce qu’il le faut… « Tu as fait bonne route ? Quelles sont les nouvelles ? » On ne peut s’ouvrir à celui qu’on garde inconsciemment à distance. Répliques de circonstances, on s’observe sans se voir, on se voit sans éveil. Vois, l’inconfort reprend.

On le sent bien que tout nous trahit. On sait tout ce que cette mascarade nous coûte. Qu’on ne peut y échapper sans risquer l’ostracisme. Même le sacré nous y contraint !

Nul ne peut fuir le terrorisme social. Et quand bien même on s’y essaye, c’est soi qu’on tient en joue.

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Une réflexion sur “Animus. 

  1. Salam aleykoum.

    Oui, tellement ! Et je le vis d’autant plus dernièrement. Avec les hormones de la grossesse, mon asociabilité prend le pas sur mon « savoir vivre » car bien qu’un tantinet sauvage je suis de nature souriante et aimable. Mais là, même mon aimabilité ne veut pas, lorsque je suis parmis « le monde  » j’ai juste envie de partir, pas même envie de lâcher un sourire, je me force, je répond poliment, mais je veut juste être ailleurs, seule, loin de tous, en silence ! Ce sentiment qui m’as envahi toute mon adolescence … m’as t’il en fait seulement quitté ? Oui car même en dehors des grossesses il faut dire que je reste plutôt confinée … bref tu l’auras compris … je t’es comprise et approuvée !

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