When a man loves a woman.


#.

Ses courbes attirent, alignent au sol l’échine des hommes. Ils se perdent pour les parcourir, se prosternent pour les posséder ne serait-ce qu’une nuit. Jamais, l’exercice ne les essouffle... Ils s’improvisent photographes et, le temps d’un regard, établissent le souvenir, scénario d’un fantasme sans cesse réinterprété.

Elle fait tourner la tête aux instincts, se multiplie et se décline à l’infini. Même en nombre, ils sont dépassés. Ils la chantent, la mettent en scène.

Elle change sans cesse d’apparence mais toujours, avec cette même force, crée l’intrigue. L’œil est attiré, captif de cette muse délicate. Ils ne savent plus à quelle pulsion se vouer. Mais bientôt, la plus primitive s’établit en sémaphore.

Ils la rêvent singulière parmi leurs plurielles.

Une louve élargissant leur troupeau, sous couvert de spirituel réinvesti. Ils se lassent et le cachent… Ils comparent et élisent. Déclinée selon les préférences plastiques mais jamais démarquée. Ce n’est pas le sublime le but, c’est un bout du gâteau qui attise leurs désirs les plus secrets. Mais assumer ce dessein les desservirait alors il faut ruser. Encore et toujours, user de supériorité. Ce n’est pas, non plus, la noblesse des intentions qui les attire, c’est la soumission dans l’intimité, risible trophée. L’esprit transformé en harem ! Sa chair étalée partout, un clic ou un regard volage suffisent pour l’admirer encore une fois. Même si ses contours sont connus, on veut à nouveau y goûter, plonger plus profondément dans le chaos.

Ils souhaiteraient jamais n’y avoir goûté mais d’elle, ils sont projetés à la vie et à elle, ils retournent pour la perpétuer.

Sur l’échiquier moderne, les tensions sont aussi intenses que les frontières du déséquilibre franchies. Poussées à leur paroxysme. La juste mesure a laissé place au laisser-faire destructeur. Il ronge, ce mal-là et avorte de générations prometteuses. Car ces pulsions ne laissent rien derrière elles. Elles abattent, écrasent le bourgeon qui, à peine, éclot. Il en faut chaque fois plus et jamais assez d’elles ne donnent lieu à une fin salvatrice. La décharge est physiologique, le plaisir incertain. Jamais leur, toujours en fuite.

Puisque la femme est magicienne, difficilement appréhendée. Elle n’en finit pas de découvrir son pouvoir, jouit plus de ce dernier que de ce qu’il provoque. Dans certaines contrées, sorcière, dans d’autres, objet. Reine, déesse, paria, esclave… Les mensonges ne manquent pas. Dictons populaires à l’appui.

Ils lui en veulent, de les dominer ainsi.

Red-apple-black-background_1920x1200

Mais ne peuvent s’empêcher d’à ses charmes, succomber. Reviennent à elle comme un cabot à son maître ou la bannissent de leur monde comme un amant trahi.

D’elle, ils dépendent.
Et cette dépendance les enragent.

C’est elle qui porte le fruit de la vie, qui confirme que leur jouissance est fertile ou vaine.

D’elle, dépend trop.

Alors sur elle, on fait porter beaucoup. Pour la dominer, on l’accable, lui fait regretter ce dont le Sage l’a dotée.

On redoute son pouvoir et pour s’en prémunir, on l’assujettit à la faiblesse faite domination. Cette côte que certains considèrent ployée, que d’autres s’obstinent à rendre droite mais dont peu comprennent la véritable nature.

Insaisissable, elle est désormais responsable de sa propre perte !

Hier, on lui dictait l’utilisation des outils de sa domestication. À présent, elle les manie à la perfection. La moue boudeuse, les courbes dessinées au compas. La démarche incantatrice. Fardée avec habilité. Le secret n’en est plus un ! Tout est vu et mis en vitrine. Ils chantent ses louanges, ces sots victimes d’eux-mêmes. Femme, femelle, sage, impétueuse, discrète, provocatrice.

Ah, la femme sait y faire !

Pour être la plus belle, elle souffre de bien des manières et à bien des frais !

Habillée de chasteté ou nue d’impudeur, ses costumes ne sont parfois que mirages.

Les hommes assoiffés y plongent, le génital en premier.

Car lorsque l’amour pour nos passions est plus fort que celui pour Allâh, nous prenons cet amour temporaire pour seigneur. Et nous lui risquons tout.

Bien heureusement, dans ce fossé sans fond, l’espoir toujours. Cette lumière vieille comme le monde dont Le Miséricordieux fait grâce. Les outils divins enfouis en l’Homme se révèlent à quiconque les cherche.

Ardemment.
Patiemment.
Malgré les faux pas et les chemins trompeurs.

Quand un homme se réalise en lui-même, épouse l’équilibre des genres après s’être lié à l’une d’elle en l’Unique, le miracle opère. Quand il s’affranchit des pièges de ses pulsions primaires pour les célébrer, une fois transcendées. Quand il se risque à ouvrir son cœur plutôt que de faire de son seul bas ventre, une offrande. Quand il dompte son regard et son mental, quand sa langue empreinte d’authenticité ne séduit que ses licites conquêtes. Quand il élève ses besoins et trouve des satisfactions inespérées, bien loin de celles amoindries par l’excès, vécues par tous.

10253888_776055919083247_2506135583081125841_n

Quand une femme abandonne le spectre unique de la séduction, elle se réalise enfin et prouve au monde sa pluralité délectable. Quand elle investit l’extérieur autant que l’intérieur. Quand elle ne soumet plus autre que son âme, à Celui qui ne soumet pas dans la contrainte. Quand elle se donne enfin une chance de sublimer ses sensibilités si caractérisées. Quand elle refuse d’être jetée en pâture pour Être. Quand elle charme son mâle par tous les aspects de sa richesse, le sublime est effleuré.

Aucune perfection illusoire n’entre en jeu, il n’y a que les fous qui y croient,
ont du temps à perdre.
Tirer le meilleur d’eux est tout ce qu’il y a à gagner.

Quand un homme aime cette femme-là, au travers de laquelle il puise force, respect et amour, et qu’elle lui rend cet amour-là, dénué de recherche de pouvoir sur l’autre, duquel elle nourrit ses espoirs, panse ses blessures et trouve les plus belles opportunités, ils peuvent déplacer les montagnes qui les écrasaient hier.

Quand il complète et se laisse être complété.
Quand elle complète et se laisse être complétée.

Quand ils s’aiment de cet amour-là, leur monde, composé des leurs, se métamorphose. Ce qu’ils ont toujours connu établit un horizon aussi unique que leur parcours.

« Elles sont un vêtement pour vous et vous êtes un vêtement pour elles. »
Coran.

Oui, quand un homme aime une femme de cet amour-là et qu’elle le lui rend, ils deviennent un manteau l’un pour l’autre.

Un havre où la paix est norme.

Saadia.

Publicités

3 réflexions sur “When a man loves a woman.

  1. Salam aleykoum

    C’est beau, profond, vrai ! Cet amour là je le souhaite à toutes mes soeurs, à tous mes frères. cet amour là quand on le trouve il ne nous quitte pas. Meurent alors les illusions, les attentes, les peurs la relation est vrai, accepter l’autre et s’accepter, mais aussi accepter qu’il nous voie telle que nous somme. quand un être vois de l’autre le meilleur et le pire et l’aime pour ce qu’il est alors les montagnes peuvent êtres franchies sans peine.

    Ça parait trop gros, trop beau dit comme ça ! mais c’est pourtant vrai, et ça ne veut pas dire qu’il n’y auras pas de peine, pas de douleurs, pas de haut et de bas. Ca veut dire qu’on pourras ne plus s’aimer un jours, un instant et retomber amoureux celui d’après car nous nous connaissons. Cet amour là comme tu dit, puisse Allah le préserver à ceux qui l’on et le donner à tous les autres car cet amour est le prémisse de Son amour, la découverte de ce qu’il est. Car personnellement c’est au travers de cet amour que j’ai découvert mon véritable amour pour Lui, car Tout viens de Lui, tout ce que nous aimons, comment dés lors ne pas l’aimer outre mesure !

    Aimé par 1 personne

Des choses à dire ? BismiLlâh !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s