Zone de confort : RIP.


#.

Concept élémentaire, la zone de confort est connue de tous. Apprécié pour ses contours plutôt nets, elle incarne ce coussin taillé sur mesure. Doux, moelleux et profond à la fois, on pourrait taper un crawl en sirotant un chocolat chaud sans problème. On s’y pose le cœur en paix ou pas tout à fait. Car le paradoxe de la zone de confort est que certains de ses aspects nous dérangent, nous emprisonnent mais on s’en accommode. Préférant préserver sa position plutôt que de courir vers l’inconnu.

Jusqu’à présent, nous pouvions faire de notre zone de confort une amie parfois ennemie. Mais une amie la plupart du temps. On bataillait un peu puis on retournait se coucher, voir une série, manger du chocolat. Les choses ont dorénavant changées.

Malgré moi ou grâce à nous. J’ai lutté, vraiment. Je ne voulais pas. J’aimais à penser que ce n’était pas vraiment critique, que quelqu’un crierait : « Bon les gars, c’est dans la boite. Tout le monde retourne à sa loge ! », mais non. Ça continue d’aller crescendo.

Certains disent que l’étau se serre mais ça fait longtemps qu’il est en cavale, le pauvre. À trop le mettre sous pression, il a quitté les lieux. Et on s’en fiche de le comprendre, c’est presque chacun pour soi à présent. Peut-être qu’on ne voulait juste pas voir. Tu viens de débloquer le bonus « lucidité forcée ». Tu te retournes et comprends enfin.

Une fois sorti de la zone C, tu remarques certaines choses. La neige ne tombe plus mais les masques si. Désinhibés, tout le monde se lâche, sort de sa cage. Comme un asthmatique qui découvre la ventoline. Pshiit, c’est la fête ! Et pas que pour ceux qui te ressemblaient. Pour tout le monde et dans le même espace temps.

Bizarrement, t’es pas vraiment triste. Ou pas seulement. Un tourbillon d’affects t’envahit et tu ne sais pas vraiment lequel mettre sur la scène. Tu cherches à tirer des leçons des aventures déjà vécues. Tu te sens bête, toi qui pensais avoir compris. Ou alors tu avais vu les choses venir et tu la joues boule de cristal. Tu regardes tes semblables en humanité, en quête d’une réponse. Mais eux aussi te regardent et finalement, vous ne voyez pas grand chose. Alors, on attend et on observe.

Tu les vois ricaner les uns des autres. Tu reconnais à peine certains spécimens. « T’es sûr qu’on se connaissait ? », mais oui rappelle-toi ! Le gars gentil, toujours serviable, abonné à Greenpeace. Ou cette emballée sympathique aux statuts larmoyants pour les réfugiés syriens. C’en est fini, ça aussi. On ne sait pas si c’était du fakisme ou de la moutonnerie. Ou l’effet enivrant du confort sur nos âmes. Mais qu’est-ce que ça change, finalement ?

Un jeune padawan disait qu’il y aurait un avant et un après. Qu’une fois qu’on lui dit bye, rien n’est plus pareil. « Arrête ton char, tes scénarios dramatiques ! », aurait-on (je) envie de lui susurrer. Mais malgré les résistances, il faut bien y voir un peu de vrai.

Un autre expliquait qu’il n’y a que cela qui pourra nous faire sortir de notre léthargie… Maybe.

Je ne parlerais pas de ceux qui crient au complot car ils l’aimaient bien, leur vie d’avant. Ni de ceux qui exigent le martyr pour l’avoir quittée sans préavis. Ou encore de ceux qui préparent leur exode pour une zone C bis.

Quoi qu’il en soit, sortir de sa zone de confort nous donne accès à une hrira hors période ramadanesque. C’est ça. Une hrira dont on avait pas vraiment envie. Mais qui est là quand même. On dit souvent que la magie opère quand on sort de notre zone de confort. Ça tombe bien, on vient de l’enterrer.

RIP.

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3 réflexions sur “Zone de confort : RIP.

  1. Salam aleykoum ! Moi la zone de confort ça fait longtemps que je l’es trouvée en mon âme et seulement en elle … enfin pardon … non ! que j’ai compris que c’est seulement en elle que je la trouverais ! Mais ça donne néanmoins une sérénité pérenne.

    J’ai souvent l’impression d’être extérieure à ce monde, déconnecté, je viens de descendre de la delorean et j’atterrit … tous les jours en fait ! Dés que je me confronte au monde extérieur je me sent déconnecté comme simple spectatrice. C’est bizarre je sais, car en même temps cela ne m’empêche pas de me sentir concerné, impliqué dans certains aspect de se monde. Mais c’est que j’ai compris que le bonheur se trouve en soi même, dans une quête et cette quête du Vivant, de La Paix prend finalement le dessus sur le reste, alors tout s’allège. Et cette vie, ce monde devient pas encore tout à fait, mais presque aussi peu que le poids de l’aile d’un moustique, en tous cas cette parole prend sens !

    j’écrit comme je pense et je ne suis peut être pas très cohérente ….

    Aimé par 1 personne

  2. salam

     » Un tourbillon d’affects t’envahit et tu ne sais pas vraiment lequel mettre sur la scène »

    Complètement… QU’à t’on le droit de dire ou pas sans se voit essuyer des réflexions plus débiles les unes que les autres. La Vérité est ailleurs en tout cas.

    Aimé par 1 personne

  3. Salamo Aleikum wrAllah wb

    Abu Hurayrah qu’Allah l’agrée rapporta que le Messager d’Allah salla Llâhu ‘alayhi wa salam a dit :

    « L’Islam a commencé en étant considéré comme quelque chose d’étrange et redeviendra quelque chose d’étrange. Annoncez-donc la bonne nouvelle aux étrangers (al ghurabâ), à savoir ceux qui rétablissent ce que les gens ont corrompus. »

    Et si on se persuadait que notre zone de confort ne dépendait pas de l’endroit matériel où l’on se trouve ?
    Comme le dit Mahdiyabel, et si cette zone c’était notre for intérieur, entre deux côtes, par la rahma d’Allah… ça serait juste waouhh…

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