Je la veux comme ma mère.


#.

Un snack au centre de Bruxelles. Une salle à l’étage presque vide. Ça discute de mariage en mangeant.

– « Alors avec N. ? Du nouveau ? »

–  » Laisse tomber frère, c’est de plus en plus dur de trouver une fille bien de nos jours. »

– « À qui le dis tu… Le jour où je tombe sur une femme comme ma mère, je suis refais ! »

Rires gras pleins de sauce samouraï.

On ne doit pas avoir le même humour. Une femme comme sa mère, ça veut dire quoi ? Un bon tajine chaque soir, soirée PS4 avec les copains tous les vendredis, plaid chauffant ? Mais on la voudrait aussi un peu féline, chose qu’on imaginerait pas de sa mère.

Je la voudrais comme ma mère. Akhy, t’es pas un peu incestueux sur les bords ? Ben non, lui son truc c’est le clivage. Le sexe ou la fille bien. L’aspect bestial ou la vierge sage. La fille qui a des projets de bébés ou celle avec qui on peut entraîner nos compétences sexuelles. Du coup, dur de se caser… Je te veux, je te désire ! Oui mais… J’ai changé d’avis. Tu seras ma femme, mon épouse, la mère de mes enfants ou mon amante sans tabou. Avoir les deux, en harmonie ? Pas possible, clivage on t’a dit.

« Là où ils aiment, ils ne désirent pas, et là où ils désirent, ils ne peuvent aimer. »

Cette phrase ne vient pas de moi mais de Mr Freud. Elle prend place lorsqu’il parle de la vie sexuelle et plus particulièrement « D’un type particulier de choix d’objet chez l’homme ». On peut discréditer certains des travaux de ce monsieur autrichien mais cette phrase donne matière à penser.

Pensons, alors. Qu’est-ce qui pousse ces jeunes hommes à désirer ardemment de trouver une épouse comme leur mère, 20 ans de moins ? Pourquoi ne daignent-ils pas à laisser leurs désirs sexuels épouser les désirs du cœur ? Qu’est-ce qui est à l’origine de ce clivage ? Qu’est-ce qu’un clivage, d’abord ?

Eh bien, Jamy, ça en fait des questions !
Sans fourgon ni sorcellerie, je vous partagerais mes modestes réflexions sur le sujet. Je ne prétends évidemment pas maîtriser l’ensemble des thèmes impliqués mais il faut bien que quelqu’un pose les pierres du débat.

Un clivage, en psychologie, est un mécanisme de défense face à une situation de déséquilibre. Le clivage est également l’action de séparer distinctement deux éléments et dans notre esprit et dans notre rapport au monde, à l’autre. Ce qui semble se passer pour ces jeunes gens, c’est qu’en cherchant, inconsciemment ou pas, une partenaire en partie identique à l’image de la mère, ils séparent et donc clivent la « mère » de la « putain ». Ces deux profils fondent, toujours en psychologie, la théorie du clivage en matière de sexualité.

Pourquoi agir ainsi ? Tout simplement car ils redoutent de vivre une relation incestueuse. Bien sur, ils auront une vie sexuelle standard avec leur épouse mais sans doute pas celle qu’ils s’étaient dessiné dans leurs fantasmes.

Deux grandes voies s’ouvrent alors : Soit, ils s’engagent avec la dite figure maternelle en sachant pertinemment qu’une partie d’eux-mêmes ne sera pas dévoilée ni assouvie, soit ils mettent un terme à toute relation avec une partenaire qui, de par ses projets, aspirations et rêves, rappelle trop la mère, prétextant qu’une partie d’eux-mêmes restera enfouie dans le non-dit.

Dans le cas numéro un, beaucoup tomberont, sans grande originalité, dans l’infidélité. Soit affective soit sexuelle, soit les deux en symphonie de disque rayé. La vierge sage, pondeuse et chef cuistot restera à sa place. Comme la mère, elle est pure, à la moralité exemplaire.

La maîtresse, femme-objet, sexy, féminine et érotique, quant à elle, fera le reste. Cette femme-là sait se montrer désireuse de sexe. Elle cherche autant le plaisir qu’elle en donne, elle prend les devants, est active et efficace. Elle fascine l’homme.

D’ailleurs, d’après plusieurs vécus que j’ai eu en consultation, la plupart des femmes cocues décrivent une maîtresse à l’exacte opposée de ce que Mr désire rationnellement. Elle sera souvent non-voilée, plus libre, plus affirmée, moins regardante sur certains aspects religieux. Ce qui étonnera les femmes légales car elles n’ont accès qu’à l’autre partie de leur époux.

La libération sexuelle de la femme dans nos sociétés occidentales n’arrangeant en rien les choses…

Dans le cas numéro deux, les conflits de loyautés et d’intérêts fusent.

« Elle est trop bien pour moi, elle ne sait pas qui je suis vraiment, je ne peux pas la garder égoïstement au frais. »

Les aspects évoqués sont souvent dépassés au début d’une relation. Avec le temps, ils envahissent la relation à l’insu des partenaires. Les crises sont alors inévitables. Et la rupture, s’il n’y a pas encore d’engagement clair, au bout.

Ils préfèreront mettre leur potentielle épouse en liberté et couper court plutôt que de faire cadeau de cette réalité confiée à cette autre, certainement disposée à un partage commun plus élargi, à une acceptation des difficultés personnelles et communes.

Le cas est d’emblée plus corsé lorsqu’il s’agit d’hommes car ces derniers distinguent statistiquement plus facilement la fidélité affective de la fidélité sexuelle. Ils n’auront aucun problème à avoir des relations sexuelles avec leur épouse et à se confier ou à incarner le confident 2.0 avec une autre femme. Et vice versa.

Tandis que la femme, elle, associe généralement sexe et sentiments.
Ceci, alors que la fidélité et le sentiment amoureux vont de paire, ces derniers étant les éléments fondateurs du couple.

Quel problème cela pose-t-il ? J’y vois principalement les conséquences de grosses lacunes dans l’éducation sexuelle. Celle-ci absente du parcours de beaucoup de jeunes hommes maghrébins, ils la construisent au gré des découvertes hors cadre familial, licite. Pornographie, récits de conquête ou conquêtes en cascade, femme-chienne fonderont leurs repères en matière d’intimité. La sexualité d’abord devoir spirituel devient dès lors « sale », « tabou », digne du secret le plus absolu, reléguée au caché. Et une impossibilité de conciliation harmonieuse, en plus de la peur incestueuse, passent au devant de la scène.

Leur mère n’était souvent vue que comme génitrice, épouse, femme de ménage. Elle n’était pas vue comme celle qui a eu et a des relations sexuelles. Aucun signe d’affection entre les parents. Aucun indice indiquant aux enfants que la sexualité -et ce qui l’alimente en dehors des ébats- n’est pas une affaire impure.

T’inquiète, le tabou s’en charge, jusqu’à ce que les garçons devenus hommes perdent le nord, leur épouse en sacrifice. Ils ont des barbes, des kamis et du tajweed en tête mais le clivage fait rage sous la ceinture.

L’anecdote posant le décor de cet article a inauguré un brouillon présent depuis des mois dans mon panier. De récentes observations ont permis de le ressortir et je me réjouis d’avance de creuser plus profondément ce sujet que je juge fondamental dans la réforme de notre communauté.

La famille est la base de la société et le couple est la base de la famille. Tant qu’on ne règlera pas les bugs conceptuels et relationnels à ce niveau, et ce, de manière individuelle et groupée, nos unions resteront bancales. Cela ne se fait évidemment pas du jour au lendemain. Cette réforme demande un courage du cœur, une sincérité d’âme et un désir toujours grandissant d’évolution.

Ces quelques paragraphes me rappellent l’appel d’un frère, dans le cadre d’un espace d’écoute thérapeutique que je gère. Il me confiait, dans une sincérité touchante, ses conflits d’intérêts entre son désir d’amour pur et platonique envers une femme et son envie d’avoir une autre pour conjointe « non respectable et non épousable », qui attise son désir bestial.

« Je suis attiré par l’une mais c’est l’autre que je me vois épouser. »

J’espère sincèrement qu’il a pu, bi idniLlâh, trouver depuis, le chemin vers sa conception d’une sexualité épanouie et épanouissante.

Comme le disait une collègue sexologue, il n’existe pas une mais des sexualités. Construites au fil des déclinaisons de chaque être, des désirs communs et individuels. Il est tout à fait possible d’avoir plusieurs sexualités au sein d’un même couple. On peut avoir un jour envie d’un moment doux et d’un autre, d’un moment plus intense, plus bestial. Les deux relevant du même devoir spirituel, du même sabab de sadaqa conjugale.

Michel Bonhomme, psycho-sexoanalyste, nous dit très justement :

« Pour déjouer les pièges, le couple devra se dévoiler, se parler afin d’instaurer une bonne complicité sexuelle nécessaire à la créativité. Les ajustements passent par la création d’un espace fantasmatique commun, s’exprimant par des jeux interactifs passifs, actifs entre l’homme et la femme.

Beaucoup d’hommes s’y refusent, ne voulant déroger aux rôles qu’ils ont introjectés depuis longtemps. Pourtant l’homme devra à la fois mobiliser son agressivité sexuelle et élargir ses plaisirs dans une passivité plus féminine. Les hommes pouvant avoir des fantasmes plus féminins de soumission et de désirabilité associés à des fantasmes plus masculins de domination bénéficient de multiples possibilités qu’offre une genralité riche et complexe qui sort des schémas relatifs à la seule identité biologique. Cela laisse un grand espace pour la créativité et l’ajustement avec une partenaire, pour que vive une seule libido au service de la jouissance de chaque partenaire, devenant tantôt mâle, tantôt femelle…

L’attractivité agressive de la putain (cf concept psychologique expliqué plus haut) est alors assumée et distanciée par les deux partenaires. L’accueil et la tendresse plus féminine sont dissociés des aspects régressifs du lien maternel. »

Tout ceci, sans trahir sa mère. Tout ceci, avec une même et seule personne, copilote à bord d’un même avion, à qui on destinera notre fidélité affective et sexuelle. Avec qui on illustrera tous les aspects prophétiques d’un couple solide. Solidité qui nous offrira, par la grâce d’Allah, les portes de la récompense éternelle.

Comme disait Brel, le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?

S.

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24 réflexions sur “Je la veux comme ma mère.

  1. Salem alayki

    Votre article est magnifiquement écrit et reflète la réalité pour beaucoup d entre nous.
    J’aurais quelques questions a vous posez, si cela est biensur possible?

    Cordialement

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  2. As Salam Alaykoum,
    Reflet de la réalité, j’espère que cet article touchera beaucoup de monde parce que malheureusement la détresse dans les couples de notre communauté augmente de manière exponentielle.
    Vous mettez le doigt exactement la ou il doit être mis, et le temps des remises en question doit être fait que ce soit chez les hommes mais également chez les femmes… qu’Allah nous vienne en aide et nous guide sur le bon chemin.

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  3. salam alaykoum très bon article qui décrit vraiment bien la situation de nos jours. Ou tout dépend des parent qui rendent tabou ou pas ce sujet. Pour ma part j’ai toujours vu mes parent comme papa et maman mais aussi comme homme et femme il n’y a jamais eu cette gêne entre eux devant nous. Et au contraire c’est un modèle pour moi après je suis au seins de leur relation intimes mais jai pas eu besoin de cour en 4 Ieme pour comprendre tous ca ma mère s’en est charger et d’est le devoir des parents. Pour cela faut que la nouvelle génération ne repettent pas les même erreurs

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  4. Excellent article, merci! Je pense que beaucoup vont reconnaitre des hommes de leur entourage. Il serait vraiment intéressant de poser des chiffres sur cela. Une véritable étude sociologique pour amener de la rationalité sur un sujet qui suscite toujours beaucoup d’émotion.

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    • Je laisse ça à mes collègues sociologues ! Ce serait effectivement très intéressant mais je doute qu’on ait une réelle idée de ce qui se passe sur le terrain tant il est parfois difficile d’avoir une discussion franche.

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  5. as Salam aleykum ,
    Vs avez entrebâillé la boîte de pandor!
    C’est un sujet intéressant que l’on clive nous meme …cet article vient étayer les conversation que nous avons eu entre sœurs..constat amer….
    Au plaisir de vous lire.
    Salutations

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  6. Salam alaykum, j ai bcp aimé ton article, je suis d accord avec ton analyse, maintenant je suis maman d un petit garcon de 9 ans et d une fille de 7 ans concrètement je ne sais/saurais comment aborder ces sujets avec lui, moi je serais partante pour aborder ces sujets clairement sans tabou , mais ma moitié est plus vieille école , issue d une famille maghrébine où ce genre de sujet était totalement absent, et pourtant comme tu dis c est nécessaire d en parler pour élever des jeunes hommes équilibrés. Bref j ai encore le temps inchAllah, mais j y pense déjà, le temps passe si vite . Si tu as des pistes, idées je suis preneuse
    Wassalam

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    • Wa’aleykoum salâm,

      Je tacherais de répondre à ce que tu soulèves dans un article afin de pouvoir développer les différents aspects de cette démarche, inshâ’a Llâh. C’est déjà positif de vouloir s’engager dans une éducation affective et sexuelle.

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  7. Que puis-je rajouter à ton texte, ton analyse et tous les commentaires qui s’en suivent. Merci à Allah de t’avoir fait exister comme tu es <3 Merci à Allah de m'avoir fait connaître tes écrits.

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  8. Pingback: Mise au point : Suis-je une débauchée ? | One way to ihsân.

  9. Des envies, Une Epouse.

    Elle et Lui doivent etre Temoins qu Allah nous a tiré l’un de l’autre.

    Tout dire à son partenaire, tout faire dans les limites de l’Islam….et qu est ce qu elles sont amples quand on s y interesse.

    Conseils aux freres: lacher vos carapaces ce sont vos epouses! Parlez, jouez, laissez vous aller. Cessez votre machisme.

    Conseils aux soeurs: cessez de faire comprendre à votre homme qu’un homme c’est ainsi et pas autrement. Non, un homme c’est lui….c’est tout. Mettez le à l’aise.

    Wa Assalam Aaleykom
    Un Frere marié

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  10. salam, je viens de découvrir ta page et tes articles et machallah ! je commençais à désespérer de trouver dans la sphère francophone des gens de la communauté en phase avec nos vécus et prennent à bras le corps les vrais problèmes, vive yasmin mogahed par qui je t’ai connue ;) !

    j’ajouterai que la version libre du genre « femmes qui courrent avec les loups » qui fascine fait malheureusement peur. donc eux ils restent coupés en deux et nous on reste le coeur brisé à se demander où est l’homme avec qui on pourra avoir une vie de famille stable, une vie spirituelle riche et une vie de couple animée (dans le bon sens lol).

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  11. salam ‘aleykoum, mais comment aborder ce genre de chose avec nos enfants…C’est La question.
    Je t’avoues avoir moi-même été gênée à la lecture de certains passages de ton article, alors comment passer au dessus de cette gêne sans basculer dans ce qui doit rester une limite entre enfants et parents?

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  12. السلام عليكم

    okhti, l’article est interressant sur certains points بارك الله فيك pour tes efforts d’écritures et de recherche

    Néanmoins, j’ai l’impression qu’on tombe (trop) (facilement) dans la caricature. Les comportements que tu décris existent certes chez certains frères, mais de là à voir tout ça de manière tranchée et aussi une écrasante majorité, je pense qu’il y’a erreur.

    Je voudrais en premier lieu réagir sur le style de l’article ou la forme, j’ai bien compris que tu as avais été attaquée sur cela, mais aussi sur le fond. Mais d’abord restons sur la forme. Une maman semble avoir réagit dans les commentaires en se demandant comment aborder ce sujet avec ses enfants et se sentir elle-même gênée du style adopté, et c’est parfaitement compréhensible.

    Pour tout dire, on reconnait fortement le style littéraire des pseudos blogs qui sous couvert de liberté d’expression et de modernité nous parlent de sexualité de manière crue et avec ce qui devient une vulgarité assumée, puis banalisée.

    Or notre religion nous apprends la pudeur, plus encore pour la femme, et c’est tout le contraire de la vulgarité. Utiliser des mots crus, violents pour éveiller les consciences, peut-être, mais on le voit aujourd’hui ca ne corrige rien, au contraire, ça banalise, comme les images de guerre, de famine ou de nudité: ca rentre dans le quotidien, puis dans le coeur et on fini par y être désensibilisé.

    Concernant le fond ensuite, le premier point que je voudrais discuter concerne déjà tout simplement le titre: Certes, c’est peut-être une phrase souvent entendue, mais de là à ressortir les vieilles théories de Freud à tour de bras et à accuser les frères de désir d’inceste refoulé, il vaudrait mieux se poser les bonnes questions et chercher à comprendre le sens de la phrase.

    Simplement, je doute qu’aucun (ou bien faisont simple, la majorité) des frères veuille d’une femme de 20 ans son ainée et qui est avant tout sa mère, même dans le plus profond des inconscients.

    Personnellement, de ce que j’entends et de ce que je vois, ce sont simplement des souhaits vis-à-vis d’une qualité de vie, d’altruisme, de bon comportement qu’avaient nos anciens, que l’ont se prends à regretter, et vouloir d’une femme comme sa mère, comme sa grand-mère ou comme peut-être une pieuse parmi les prédécesseurs, ce n’est pas sur le plan intime, mais simplement du comportement.

    Ensuite, concernant d’autres stéréotypes de femmes qui sont évoqués dans l’article ( que je ne vais pas re-citer ici, car je n’ai pas envie de faire dans le vulgaire) mais on dira qu’ils sont des idéaux érotiques fantasmés et qui sont surtout dictés par l’avalanche de nudité et d’excès à laquelle la société dans laquelle nous vivons nous soumet. Concrètement, là encore, c’est faire trop de généralités que de dire que tous les hommes veulent dissocier les deux ou on besoin des deux. Mais pour les cas que je connais, la plupart des hommes ne voient pas de contradiction à voir ces deux « qualités » avec leur épouse.

    Mais parfois, on est confronté à un autre dysfonctionnement que je ne trouve pas abordé dans cet article, ou alors en très léger filigrane: l’éducation des femmes sur les sujets intimes: Il faut reconnaitre que la majorité de l’éducation que l’ont fait de ce côté pour les soeurs et basée sur le rejet et l’absolu nécessité de préserver sa chasteté, non pas par piété, mais par honneur ou par « garantie ». Et l’aspect de la vie intime du couple halal n’est pas du tout abordé, si bien qu’arrivé à ce stade, beaucoup de soeurs ressentent un blocage et n’arrivent pas à s’épanouir pleinement dans la vie intime.

    Il y’a aussi des extrêmes chez les frères, et ceci est abordé dans l’article, et ces comportements intimes extrêmes sont aussi présents dans les autres communautés, ce qui révèle d’un fait de société.

    Il y’a beaucoup à dire, بارك الله فيك ma soeur pour ton effort de recherche, mais je suis certains que tu peux nous faire une version moins irritante pour les oreilles, les yeux et surtout le coeur, tout en gardant un impact didactique fort. Et qui plus est qu’on aurait pas honte de partager avec nos parents, nos enfant ou nos frères et soeurs.

    Aimé par 1 personne

    • wa’aleykoum assalâm,

      Avant toute chose, je salue votre démarche, le ton utilisé et le temps nécessaire à la rédaction de votre réaction. J’aime les critiques aiguisées et respectueuses. BarakAllahu feek pour ça, donc.

      Passons aux choses moins drôles :

      S’il y a bien une démarche qui biaise nos analyses, c’est celle de prendre notre entourage pour échantillon du réel. Si j’avais à tirer des conclusions de par mon cercle proche d’amis/couples/soeurs/frères/mariés/célibataires, j’aurais un tableau assez beau de ce qu’est la Oumma. Bien ou mal heureusement, je suis confrontée au terrain de par mon métier. Et au travers de ce même métier, je constate amèrement des choses catastrophiques. J’aurais pu prendre comme cheval de Troie, le fait social européen mais c’est la communauté maghrébine et, a fortiori, musulmane qui m’intéresse donc ce sont ses (dys)fonctionnements que je tente de décortiquer au scalpel.

      Si c’est le premier billet que vous lisez de moi, je vous invite, dans le cas où l’exercice vous tente, d’en lire certains autres. Ceci, afin de comparer les tons et le styles utilisés. J’ai à cœur un discours franc, un peu incisif parfois, je le reconnais. En fonction des thématiques abordées, j’adapte ma plume. Si j’ai utilisé celui-ci ici, c’est qu’il y a des raisons derrière. Ce discours franc est d’autant plus précieux que nécessaire lorsque je vois les nombreux livres écrits à notre sujet par des personnes mal intentionnées.

      Ce que vous désignez comme vulgarité n’est autre que soit des termes techniques, utilisés en psychologie, soit des termes usuels pour décrire certains faits. Si ces derniers sont utilisés dans un cadre vulgaire par certains individus, ce n’est ni ma responsabilité ni le résultat de mon discours. Si on m’accuse d’impudeur, j’aimerais qu’on m’apporte les preuves religieuses et non culturelles de celle-ci. Et je n’accepte pas de porter l’intention qui pousse par les écrits « des pseudos blogs qui sous couvert de liberté d’expression et de modernité nous parlent de sexualité de manière crue et avec ce qui devient une vulgarité assumée, puis banalisée ».

      Concernant notre ami-ennemi Freud, je n’ai pas ressorti ses théories. L’inceste existait avant et a existé après lui. Je n’ai pas parlé d’oedipe, vous devez sans doute confondre.

      Vous avez raison quand vous dites que les profils et visions décrits sont à l’extrême du juste milieu que beaucoup (malgré tout) illustrent. Je vous rassure, notre communauté n’est pas composée que d’hommes qui hésitent entre le clivage ou les conquêtes par millier. Mais tout comme l’inceste, il existe plus de profils qu’on aimerait le croire et, tout comme l’inceste bis, c’est ce sur quoi j’ai voulu sensibiliser ceux qui daignent me lire.

      Quant au fait de prodiguer une éducation sexuelle et affective aux enfants et le malaise qu’on peut en ressentir, je n’ai jamais décrit cela comme une anomalie. Bien au contraire, j’ai abordé en détail ce malaise et les outils nécessaires à une telle démarche dans un article papier du magazine Imane Mag. Je suis bien consciente que vous ne le savez sans doute pas mais je voulais le préciser. Je dénonce d’une part et j’agis au niveau des initiatives à encourager, d’autre part.

      Pour le reste, je prends bien note de ce que vous déterminez comme manquement et cela vient nourrir mes réflexions sur le sujet. Merci pour ça.

      Au plaisir de vous relire et d’échanger dans la considération mutuelle et l’envie d’apporter sa pierre à l’édifice.

      Fraternellement,

      Saadia.

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      • السلام عليكم

        Je vais mettre quelques éléments de réponses, sans entrer autant dans le détails: Si les commentaires deviennent plus long que l’article, c’est problématique :)

        Effectivement, prendre nos cercles familiaux comme références peut poser problème, mais prendre les cas pathologiques ou extrêmes et les généraliser en est un autre. Et le commun du citoyen se met à voir les pathologies un peu partout, pire rassuré par le fait de mettre un nom sur une déviance, elle devient assumée. Et c’est là que ca devient dangereux.

        Pour le style en général, c’est une question de goût. Mais la frontière entre poésie et trash est parfois aussi mince que celle entre et hijab et bikini. Ce n’est pas de la critique gratuite, j’ai parcouru quelques articles et j’aime bien ton style sur d’autres sujets. (Je ne sais pas ce qui m’a valu la faveur du vouvoiement, mais on peut se tutoyer, je suis trentenaire, sans titre honorifique, et je ne pense pas faire partie de ta belle famille)

        Concernant les termes « techniques », soyons honnêtes, le terme utilisé dans le paragraphe qui commence par « Quel problème cela pose-t-il ? » n’est ni un terme technique, ni un terme du quotidien (usuel). Ou alors, il va falloir changer de quotidien ou de vocabulaire. Quant au à celui utilisé pour désigner l’autre partie du clivage….

        Je ne parle pas du malaise dans le fait de prodiguer l’éducation sexuelle aux jeunes adultes (pas aux enfants non), mais d’utiliser un support comme celui de cet article pour le faire.

        السلام عليكم
        A.

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      • Il n’y a pas de souci, vous êtes libre de voir les choses comme bon vous semble. Hâte que la communauté se prête à des études statistiques afin de faire taire une fois pour toutes ces voix qui tentent de faire croire envers et contre tout que tout n’est qu’extrême et exception alors que les consultations thérapeutiques grouillent de problèmes bien plus graves que ceux humblement décrits dans ce billet.

        Pour l’honnêteté, je pense l’être. Sans doute un peu trop quant à ce que je constate. Sans préparation et après des générations de mutisme, le réveil va être dur. Malgré tout, je censure beaucoup de récits de vie car bien des gens ne sont pas prêts.

        Pour la frontière poésie/trash, hijab/bikini, j’espère que c’est une boutade pous nos amis hollandais…

        wa’aleykoum assalam ! :D

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