Journal d’une future-ex-glandeuse. – Idéal.


#.

La routine dans une vie se fait vite une place si on n’y prête pas attention. Le genre de spectre qui gravite autour de toi et contre qui il faut toujours avoir un bouclier réflecteur lvl 458. Et il ne s’agit bien évidemment pas de la routine : lit, métro, cours/boulot, dodo qu’on subit tous malgré nous.

(Parce que personnellement, j’aimerais mieux être une héroïne de l’ombre, qui acte la nuit, en combi de super yaourt ( non, il ne s’agit pas de danone ) bleue pétrole que cette petite vie bien rangée à laquelle on nous force à adhérer… Mais on n’est pas là pour cramer ma vie secrète)

Il s’agit de cette routine qui t’évite de planifier tes journées et te fait te complaire dans la procrastination, qui donne suite à la paresse, mollesse et autres joyeusetés de la vie, côté dark. Celle qui te fait sombrer loin de la remise en question, de l’analyse de ta grille défauts/qualités. En gros, qui te fait te dire que finalement… finalement…  » J’suis pas si mal, il y a vraiment pire, j’ai telle et telle qualité pas comme il ou elle qui fait telle et telle chose dont j’ai pu m’éloigner ! »

Et quand on dit stop aux cheveux cassants et à ce train train quotidien qui ne mène nulle part, on se doit de créer des vagues autour de notre embarcation.

Lorsque j’ai décidé et compris que ce blues récurrent qui prenait si souvent possession de mon cœur ne me satisfaisait pas, que j’avais beau enchaîner les albums de rap, funk et compagnie, rencontrer de nouvelles personnes pour de « nouvelles perspectives » (soi-disant), m’acheter ce petit haut pour me faire mon kiff du jour, rien n’apaisait réellement mon cœur malgré les paroles qui traitaient des maux qui m’atteignaient (en surface, du moins), malgré les barres de rire, malgré les nouvelles personnalités découvertes, malgré l’emballage qui avait le style qui claque.

A l’époque, je me suis alors posée entre moi et moi et me suis demandée certaines choses :

Bon, bon, bon ça fait combien là ? 16 ? 17 ? 18 piges que tu es là ? Tu as fais quoi ? Tu vas où à ce rythme ? Et au nom de quoi ?

La première vague n’est rien d’autre que la fameuse étape : « Donner un sens à sa vie« .
Autrement dit : se trouver un plan d’attaque et l’appliquer.

Ça peut paraître cliché, vieux jeu, soûlant, déjà vu et tutti quanti, c’est une étape CLÉ du changement.

*

Sans vouloir faire ma pieuse, je n’ai jamais encore goûté à un apaisement plus grand que celui qu’offre la Foi avec un big F.

Je ne te parle pas de celle (en plastique ?) qu’on affiche à chaque subhan’Allah, mashâ’a Llah, wAllâhu a’lem placés en donnant l’heure à ta « chère sœur fiLlâh » ou encore de celle qu’on scande dans les manifs à base de takbir aux généreux décibels…

Je te parle de ces moments où nul ne te voit, sans doute parmi les rares où ta sincérité se pare de sa pureté, où ton âme est seule avec l’Unique, Lui Seul connait ses tréfonds, ce qui l’a perdue, ce qu’elle a accumulé comme bien et comme mal. Ces moments où Sa parole te touche et serre ta poitrine. Lorsque Ses récits évoquent mille et une choses en toi. Quand les larmes perlent tes joues sans que la tristesse soit ton état.

Bref, ces moments de pur kiff.

Bon, j’avoue, je n’ai pas testé les substances douteuses qu’on se procure en chuchotant dans ces rues sombres un soir de pluie (non, je ne regarde pas trop de films) mais je suis à peu près sûre, vu les stats, qu’aucune d’elles ne valent un gramme de ce dont je te parle. Tu peux faire ta propre étude du marché, tes propres expériences, comparer ce qui t’entoure et ce que tu connais ou as connu avec ce dont je te parle, you won’t find anything better !

C’est au cours de ces premiers moments-là que j’ai compris que cet Islam dont on me parlait depuis si longtemps et qui, jusque là, n’était qu’une habitude deviendrait mon mode d’emploi le temps d’une vie :

La mienne.

*

« Pourquoi tu pleures ? »

Demande-t-on souvent.

J’ai mis du temps à trouver les mots justes pour répondre à cette question. Les longs discours sont fastidieux, j’y répondrais donc simplement, sans manières ou émotionnalité en carton :

Parce que dans le brouhaha de mon cœur, Sa lumière m’a touchée.

(oh, comme c’est beau !)

Dans ces moments là, j’ai juste l’impression que mon cœur s’élargit de plus en plus jusqu’à se transformer en duplex 180 000 et que j’y ai droit gratuitement : sans contrat de bail, recherches longues ou fatigantes et sans pression aucune ! Subhan’Allâh ! Une version barbue de « I believe I can fly !« 

Un peu comme si mon âme avait pris un mentos…

Quand le cœur a goûté à ça, il en veut toujours plus et en ‘contrepartie’ de beaucoup plus.

Se dessine alors au loin, le « moi idéal« .

Pour ma part, mon idéal est une sorte de poulpe féminin, le genre de référence aux multiples flèches à son arc. Un truc qui pète dans plein de domaines. Chut, ne prononce pas un mot de plus, on m’a souvent dit que je vendais du rêve…

Plus sérieusement, qui serait motivé par un vieil idéal tout basique (nul et tout pourri) ? Il faut obligatoirement mettre dans son viseur un profil rétina, au multitâches de ouf, avec un iOs qui a dix ans d’avance sur le marché actuel et pas un vieux modèle avec calculette et tuner fm…

Pour finir, je n’ai pas de chute.

*
Ça disait quoi déjà ?

Tips #1 : Ne te complait pas trop dans ce que tu as déjà accompli de plus ou moins bien en baissant ta garde et en t’engouffrant dans l’auto satisfaction. On est très loin, imprime-le dans ton système.

Tips #2 : Dresse le profil de l’idéal que tu aimerais incarner et n’aies pas peur de faire péter le compteur. ‘Dream big, dream high’, comme dirait l’autre.

Peace,

S.

PS : Il y a un truc que j’aimerais te dire, j’hésite à te prévenir ou pas mais je pense que je pencherais pour le pas

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12 réflexions sur “Journal d’une future-ex-glandeuse. – Idéal.

  1. MachaAllah, et ça sort du plus profond de mon coeur!! Je suis exactement à l’après « quand tu t’es réveillée de ton long long long sommeil d’ignorance où tu crois que tu es une bonne Muslima alors que tu procrastines à longueur de temps »…Le combat contre moi-même est tellement dur et c’est là où je comprends les paroles du Prophète SAW à propos du grand Jihad, celui contre son Nafs…Mais le résultat inchaAllah n’en sera que plus satisfaisant. Allah yahdina!! ;)

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  2. As-salamou ‘alaykoum,

    Chère soeur dont j’ignore tout, tout simplement merci! car sache que tes paroles ont trouvées échos en moi.
    Ce que tu ressens résume le dilemme dans lequel je me retrouve chaque jour. Chaque jour à me dire qu’il faut que je change avant qu’il ne soit trop tard, à me battre contre moi même afin d’oeuvrer pour Sa seule satisfaction, pour avancer sur Son chemin.
    Qu’ALLAH nous libère toutes et tous de ces chaines qui nous entravent, qu’IL nous donne le tawfiq de nous améliorer et de nous surpasser dans le bien par amour pour Lui.
    Qu’ALLAH te préserve chère soeur et qu’IL t’accorde le meilleur ci bas et dans l’autre monde.

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    • wa ‘aleykoum as-salâm wa rahmatuLLâh…

      Subhan’Allâh… J’ai pour facilité le développement de mille arguments mais là… J’ai juste envie de dire : Merci à toi ! On a tous des coup de pompe, des bas qui nous amène à nous dire que ce que l’on fait n’est pas si indispensable que ça… Merci pour ce sourire accordé, nous sommes tous embarqués dans la même galère, heureuse de lire que ces confidences trouvent écho :)

      Ameen à tout, je t’en souhaite beaucoup plus par la grâce de Dieu !

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  3. As-salamou ‘alaykoum wa rahmatouL Lahi wa barakatouhou,

    amîne … cela fait un petit moment que je suis tes confidences alors malgré les doutes continue d’écrire car ta plume sait trouver le chemin des coeurs, qu’ALLAH t’en récompense … un effort sur le chemin d’ALLAH SWT n’est jamais vain.

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    • wa ‘aleykoum as-salâm wa rahmatuLLâh :)

      « Un effort sur le chemin d’Allâh n’est jamais vain. » Juste parole ! Ameen à tout encore une fois, encore plus pour toi et ceux que tu portes dans ton cœur !

      Merci (f)

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  4. Pingback: Journal d’une future-ex-glandeuse – Confession. | one way to ihsân.

  5. Excellent texte.

    Y a juste une erreur, j’espère que c’est une faute de frappe. C’est quand tu dis « un bouclier réflecteur lvl 458 » ça c’est n’importe quoi, tout le monde sait que le bouclier réflecteur est limité au niveau 92. Voir 102 avec les boosts, mais pas plus.

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    • Mais où avais-je la tête ?! C’est évident, voyons !

      Je pense que je m’y connais en bouclier réflecteur autant que tu t’y connaisses en smockey eye :D ce n’était qu’une métaphore exagérée pour appuyer mon propos. J’espère que la communauté des (ex)gameurs ne me pourfendra pas dès l’aube !

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      • La guilde des « excommunier sans baptême » s’est réunis d’urgence pour juger de ton cas. Mais cette dernière manquant de maturité a préféré s’amuser que de parler de sujet préoccupant. Il y a aussi le faite qu’à l’aube ils sont trop occupés à dormir. Un sursis t’es donc accordé !

        P.S. : Tu dois donc t’y connaitre pas mal en bouclier réflecteur.

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  6. Assalam alaykum
    J’ai découvert ton blog récemment, et je te suis sur FB… J’aime lire ta plume, tu as une facilité à exprimer ce que tu ressens ma sha ALlah !
    Ton article m’a fait penser à une phrase que disait un Salaf : « Dans les affaires de ce monde, regarde celui qui a moins que toi, et dans les affaires de la religion, regarde celui qui est meilleur que toi ». C’est une excellente réflexion qui pousse à s’améliorer dans le bon sens.

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