Comment après avoir tourné le dos à Mon Seigneur, je me suis retrouvée prisonnière d’un menteur !


as-Salâmou ‘aleykoum wa rahmatuLLâh,

Au nom d’Allâh, le Miséricordieux, le Très Miséricordieux.

Après de longues semaines d’attente, c’est finalement notre sœur Nour al-Imâne qui s’est jetée à l’eau en nous faisant découvrir une partie de sa vie, son cheminement, un bout d’elle qui rappelle beaucoup de nous, de ce que pas mal de sœurs ont vécu…

Je dépose ma plume afin de laisser place à la sienne …

Si aujourd’hui, je me permets de dévoiler une partie de moi-même, c’est pour que mon histoire serve de leçon à nos frères et sœurs. Un sage disait : « L’Homme réfléchit de tout puise un enseignement ». C’est une parole très profonde et très juste. Elle m’a aidé à remonter la pente car en méditant sur les aléas de ma vie, j’ai pu en tirer mille et une leçons.

ALLAH est vraiment Clément et Miséricordieux.

Gloire, pureté et Louange à Lui.

On lui désobéit constamment mais il suffit d’un instant de sincérité à son égard pour qu’IL nous tende la perche et nous sorte de la noyade.

Faut-il que l’on ait une certaine clairvoyance pour percevoir la main tendue. Ces leçons de vie, j’aimerai donc les mettre à profit car un Homme avertis en vaut deux.  Ibtila [l’épreuve], voilà un terme qui veut dire beaucoup de choses à la fois mais qui dans toutes les circonstances a un seul et même effet sur l’individu. Elle vient généralement chambouler la vie du croyant, le prenant par surprise et le plongeant dans la torpeur. Ce sentiment que la plupart des gens ont déjà ressenti au moins une fois dans leur vie, est un sentiment à la fois d’impuissance, de tristesse et de perdition.

Victorieux est alors celui qui s’abandonne entièrement à son Créateur. Que cette épreuve lui soit envoyée comme punition, il en ressort purifié ; qu’elle lui soit envoyée pour jauger sa piété, il sera élevé. En ce qui me concerne et après analyse des dernières années de ma vie, cette épreuve n’a été en réalité que le retour du bâton après toutes mes forfaitures vis-à-vis de mon Créateur.

Tout commence, il y a quatre ans. Après la perte de ma sœur et le choc que cela a provoqué au sein de ma famille. Je me plonge alors dans un coma spirituel profond, en cherchant refuge dans les futilités et les loisirs à outrance plutôt que dans la prière et la patience. Je veux occuper à tout prix mon esprit, fuir mes déboires. Je fréquente les réseaux sociaux, je me venge sur la nourriture, je fais des achats compulsifs etc… jusqu’au jour où de futilités en futilités, mes passions prennent le dessus sur mes obligations. Je ne fréquente plus la fac, je n’assiste plus aux dourous [cours] à la mosquée, je ne suis plus assidue à salatou joumou’a [prière du vendredi], j’abandonne le jeune du lundi et du jeudi, je n’ouvre plus mon Quran et pire encore, je tourne le dos aux prières obligatoires, d’abord en les négligeant puis en les abandonnant totalement. En empruntant la porte de ‘plus tard’, je me suis retrouvée dans l’appartement nommé ‘perdition’. J’avais de l’aversion pour tout ce qui concernait la religion. Tout ceci malgré moi. J’aimais ALLAH et son Messager (Que la paix soit sur lui) mais au moment où je prenais mon tapis pour prier ou le Quran pour lire, je ressentais une sorte de blocage, d’oppression et de chaleur qui me prenait à la gorge.

Je ne sais pas ce que j’ai bien pu faire de bien dans mon existence, pour qu’ALLAH me fasse comprendre que j’étais réellement dans une pente descendante et que j’avais tout intérêt à me relever. Mais après deux ans d’errements spirituels et de léthargie intellectuelle, je commençais à percevoir de nouveau non pas la lueur du jour mais la lumière de mon Seigneur. Ce réveil, je l’ai eu sur un réseau social. J’y allais fréquemment pour ne pas dire quotidiennement pour mener un jihad  virtuel contre les détracteurs de l’islam alors que j’étais incapable d’effectuer un jihad nafs sur mes passions. Non seulement, les ennemis d’ALLAH me le faisaient remarquer mais en plus les rappels qui y étaient publiés, me poussaient à la remise en question.

J’ai ressenti une crainte comme je n’en avais jamais ressenti auparavant.

Je suis arrivée à la conclusion que seule la parole suivie d’un acte pouvait être profitable. Je me suis alors inscrite dans une école islamique de la région parisienne. Mon objectif était d’une part réapprendre à planifier ma vie selon ma foi mais surtout me fixer des repères sains qui me permettraient de faire face à toute difficulté.

Ce premier pas vers ALLAH n’était pas sans difficulté, loin de là.

Ma négligence vis-à-vis de mes prières se faisait encore ressentir. S’il est vrai que je l’avais reprise, je ne la faisais à l’heure que lorsque j’étais dehors. A la maison, je ressentais toujours cette gêne et ce blocage. Lorsque nous lisions des versets du Quran en cours, je me dérobais par la porte de derrière car je sentais mon corps entier se consumer de l’intérieur par des flammes invisibles mais de la même intensité que la braise d’un feu de bois.

Seule mon âme la percevait. Peut-être était ce dû à tous mes péchés vils et véniels ? Dieu Seul le sait.

Ceci dit, au fil des mois, je ressentais les effets positifs de cette école. Je commençais à renouer avec la pratique : prière, jeune, lecture du Quran, fréquentation des assemblées d’évocation d’ALLAH, contribution dans des associations à but caritative. Quel bol d’air frais… C’était comme si j’étais une fleur qui essayait de se frayer un chemin et de s’épanouir au milieu de la vase infecte [de ses péchés]. A la fin de l’année 2009, une connaissance décide de me mettre en contact avec un frère en vue d’un mariage.

Je n’avais rien demandé à personne et voilà qu’ALLAH m’envoie un frère qui cherche à se marier.

Pourquoi donc ?

Qu’ai-je fais de bien encore une fois pour qu’ALLAH m’envoie cet homme en apparence pieux et vertueux ?

Je suis même allée jusqu’à me dire, qu’a-t-il fait lui de mal pour qu’on le présente à moi ?

Cet homme, je le connaissais bien. Du moins, c’est ce que je croyais. Il habitait à cinq minutes de chez moi. Nos familles se côtoyaient. Moi, je l’admirais… Jamais de toute ma vie je n’aurai pensé qu’il entrerait dans mon intimité. Je le voyais tous les jours se rendre à la mosquée. Qu’il pleuve, vente ou neige, il était là à chaque prière, de fajr à l’icha. Il rendait service à tout le monde. Quand un voisin ou une connaissance avait besoin de lui, il était présent. Il appelait à la prière, effectuait des roqya [exorcisme], dirigeait les salatou janaza [prière du mort] et il lui arrivait même de faire des khutba [discours] le vendredi. C’était un homme bon sous tout rapport. Non seulement, c’était un homme bon sous tout rapport mais c’était aussi un homme qui forçait l’admiration.

Malgré sa jeunesse, il était étranger sur cette terre. Il s’habillait en qamis, portait une longue barbe bien entretenue et s’est même proposé d’épouser une femme divorcée, douze ans son ainée et qui avait déjà deux enfants à son actif.

Lorsque la sœur m’a parlé de lui, je ne voulais pas m’engager. J’étais dans mes études. Ma raison me poussait à dire non, mon cœur souriait et ma langue a fini par fourcher. Sans m’en rendre compte, je venais d’accepter qu’elle me mette en contact avec ce frère. La première approche était timide. Je n’avais jamais connu d’homme auparavant. C’était le premier. C’est lui qui a brisé la glace par son naturel et son humour. Nos échanges étaient corrects et courtois, pas un mot plus haut qu’un autre.

Dès le premier contact, nous avions cherché au travers de nos questions à comprendre la personnalité de l’autre, son parcours spirituel, ses objectifs de vie. Nous avions même fait notre prière de consultation. Il émettait le souhait de demander ma main à mon père mais attendait pour cela d’avoir un emploi. Cette situation m’arrangeait en quelque sorte. J’étais encore étudiante. On a commencé alors à parler de la pluie et du beau temps et on a dévié de l’objectif de départ. Les sentiments sont alors nés. Trois semaines plus tard, il a commencé à me dire qu’il m’aimait. Je l’aimais aussi mais je ne pouvais pas le lui dire tant que nous n’étions pas mariés.

Finalement, mes résolutions n’ont pas tenu 1 mois ½. J’ai fini par lui faire part de mes sentiments. De fils en aiguille, on a commencé par défaire tous les nœuds du rideau censés préserver notre pudeur et notre chasteté. On se parlait avec complaisance, on se voyait et on s’est même embrassé. Qu’ALLAH nous pardonne. Dieu merci, nous ne sommes pas allés plus loin dans notre débauche. Cette relation illicite a duré 1 an ½. Je venais de tirer alors ma première leçon :

« En vérité, la prière préserve de la turpitude et du blâmable »

[Sourate 29, verset 45].

Moi qui négligeais l’heure de mes prières, je venais d’avoir un avant goût de ce qui allait m’attendre.

Petit à petit, je sentais ma relation avec lui s’effriter. Il prenait des distances avec moi. J’essayais d’en comprendre la raison mais en vain. J’ai commencé par devenir jalouse et l’espionner. J’ai alors découvert que ce frère n’était en réalité qu’un pervers narcissique, une sorte de loup dans la bergerie qui n’avait pas le moins du monde l’intention de se marier. Il s’amusait avec toutes les sœurs qui lui satisfaisaient physiquement, qu’il rencontrait soit lors d’une séance de roqya, soit sur les réseaux sociaux. Quand celles-ci ne lui plaisaient plus, il s’en débarrassé illico presto.

Je suis tombée de très haut.

L’adage : « L’habit ne fait pas le moine » me parlait désormais bien mieux. Je venais donc de recevoir ma seconde leçon. Après moultes pardon, heurts et réconciliations, il a fini par m’avouer que je n’étais pas sa priorité, que les sentiments qu’il avait pour moi étaient partis sans qu’il en comprenne la cause. La cause, il la connaissait : d’autres femmes le divertissaient. Il m’annonce cela comme on annonce à un chien qu’on va l’euthanasier, c’est-à-dire naturellement, sans compassion aucune, sans mesurer l’impact et la gravité du désengagement, avec un simple texto :

« Pardonne moi le mal que je t’ai fait. Je ne veux plus t’épouser. Je n’ai plus de sentiment pour toi, désolé ».

Comble de la lâcheté, il ne répond pas aux appels et trouve une justification à ses agissements à coup de versets coraniques et de ahadith. J’avais appris malgré moi ma troisième leçon :

« Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. C’est ALLAH qui sait alors que vous ne savez pas »

[Sourate 2, verset 216].

Seule, face à mes désillusions, je me suis mise à chercher une issue à mes problèmes chez les créatures, au lieu de rechercher secours auprès de mon Créateur. Bien évidemment, celles-ci ne pouvaient rien pour moi. J’ai même pu constater qu’aux yeux de certaines personnes que je considérais comme étant mes amies, je ne valais pas un kopek. Mon désarroi ne les préoccupait pas. La sérénité et la force de dépasser tout cela, je ne pouvais de ce fait, les obtenir qu’en remplissant mon cœur de l’amour divin, un amour qui ne faiblit pas et qui est inépuisable. J’apprenais alors ma quatrième leçon à travers la sagesse de Youssef (‘alayhi salam) :

« Je ne me plains qu’à ALLAH de mon déchirement et de mon chagrin. Et je sais de la part de Dieu ce que vous ne savez pas »

[Sourate 12, verset 86].

Que de leçons tirées, me direz-vous… Ce n’est pas finit. Les leçons, je les apprendrai jusqu’à la fin de ma vie. La seule chose à retenir, c’est plus on fait un pas vers ALLAH plus IL en fait vers nous. Je garde espoir en LUI car il a annoncé la bonne nouvelle aux endurants :

« Et IL lui accorde Ses dons par des voies insoupçonnées. Dieu suffira à quiconque s’en remet à Lui et Ses arrêts s’accompliront toujours car à toute chose Il a assigné une mesure »

[Sourate 65, verset 3].

Qu’Allâh récompense cette sœur pour la qualité et la sincérité de son témoignage… Ameen !

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6 réflexions sur “Comment après avoir tourné le dos à Mon Seigneur, je me suis retrouvée prisonnière d’un menteur !

  1. SubhanAllah! Merci pour la force de ton témoignage et qu’Allah te bénisse et te fasse Miséricorde. En effet l’essentiel est de voir quand Dieu veut nous montrer un enseignement, la clairvoyance est une chose primordiale, ne cessons pas d’invoquer cette grâce d’Allah dans nos prières pour nous même et les autres. Je crois que l’une des choses que j’aime le plus chez le Très Haut, c’est son sens de la justice. Car peu importe ce que nous vivons et ce que nous voyons comme injustices autour de nous, peu importe les hypocrites, les injustes, les pervers au fond. Certes nous faisons de notre mieux pour aider ou ne pas tomber dans leurs pièges…, mais même lorsque nous nous sentons impuissants, nous avons cette conviction que le jour ou les âmes seront rassemblées, chacun recevra la récompense ou le châtiment de ce pour quoi il œuvrait. Que Dieu fasse ne nous des gens de bien, et prions pour ceux et celles qui n’ont pas encore la crainte et l’espoir dues à leur Créateur. amin.

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  2. salam aleikoum, belle histoire à la fois émouvante et pleine de leçons pour chacun d’entre nous. J’ai vécu une histoire similaire et j’apprends un peu plus chaque jour que seule la patience et l’endurance nous pernettrons de faire face aux épreuves qu’ Allah nous envois. Alors même si cela parait difficile à certains moments essayons de remercier notre Seigneur chaque jour pour Ses Bienfaits et tâchons de ne jamais perdre espoir dans ce qu’IL a décrété pour chacune de Ses créatures.
    QU’ALLAH nous guide et nous accorde la patience.

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  3. salam ahleikoum chère soeur^^

    Tout d ‘abord je voulais dire que c’est génial d avoir eu l initiative de créer ton blog, macha allah!
    Et ton témoignage est très émouvant et tellement vraie! Al hamdoulilah tant qu’on est musulman et qu’on se repent allah nous pardonne , lui qui est infiniment miséricordieux

    Le plus dur n’est pas d’être musulman mais c’est de mourir musulman.Qu’Allah nous guide sur le droit chemin et ne permettent de mourir musulman ncha allah!

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    • wa ‘aleykoum as-salâm wa rahmatuLlâh ma chère et tendre sœur !

      Ameen à ta merveilleuse invocation, qu’Allâh nous facilite la purification de nos âmes et nous permette de vivre et d’œuvrer pour Sa cause !

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  4. Pingback: « Agir pour Allâh Ta’ala, ça, c’est vital !  « one way to ihsân.

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